
Saint-Martin
La légende rapporte que St-Martin, considéré comme le plus grand évêque des Gaules, était légionaire de Rome.Rencontrant sur sa route un mendiant transi de froid, il coupa son manteau en deux avec son épée pour en donner la moitié au pauvre homme. Dans la nuit, il vit en songe le Christ revêtu de sa moitié de manteau. Touché par la grâce, il se fit baptiser et commença son apostolat. |
Description de l'édifice (d'aprés J. RAUNET 1982 et JP. BOILLET 2000)
Les étapes de la construction de l'édifice (cliquez sur l'image)
L'église Saint-Martin de DOSSAINVILLE est aussi la chapelle d'une branche de la famille de LA TAILLE dont le château se trouvait juste à côté de l'église. Son caractère de chapelle peut être souligné par un clocher en ardoise au lieu d'un clocher de pierre. Il est placé près du portail Ouest, sur la faîtière. Dimensions de la nef : 18 m. x 6 m.
Le portail Ouest est roman, avec deux chapiteaux sculptés et une voussure en demi-boudin, sans sourcil. Il daterait de la première moitié du XII° siècle. L'occulus qui le surmonte est plus tôt du XVII°. Mais le mur est ancien, comme en témoigne le raccord bien visible dans le mur Sud.
A l'intérieur, quatre piliers de bois soutiennent la charpente du clocher. La travée du fond de la nef est aveugle et recouverte d'un plafond. On y trouve des fonds baptismaux anciens et 4 dalles funéraires relevées. Ce sont les pierres tombales des châtelins de DOSSAINVILLE. Leur présence se perpétue aussi dans le dossier de la chaire qui porte leurs armes, et l'épitaphe de Lancelot de LA TAILLE datée de 1591.
Le coeur est composé de deux travées aux fenêtres en arc brisé chanfreiné, déjà moins lancéolées que celles du XII° siècle. La datation du XIV° leur convient bien, ainsi qu'aux piliers et aux croisées d'ogives, également chanfreinées. Mais il est possible que ces formes soient apparus dans les dernières années du XIII°. L'ensemble est massif, et un doubleau s'est affaissé.
Les retombées des croisées sont différentes dans les deux travées (cône et consoles). Le premier doubleau repose sur des corbeaux formés d'une moulure semblable à celle des impostes romanes. Si l'autel de la Vierge ne date probablement que du début du XIX°, le maitre-autel est baroque, orné d'une copie de la Cène de Léonard de Vinci et surmonté d'une statut de St MARTIN.
Ce petit monument présente deux éléments architecturaux du plus haut intérêt : le porche roman et surtout les deux travées du XIVe siècle, rares dans notre région. C'est en outre un lieu riche en souvenirs de la famille des LA TAILLE.
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Blason de la famille de LA TAILLELa cloche
Classée monument historique le 19 mars 1943. Elle a un diamètre de 0,50 m.et porte l'inscription suivante :
En l'an 1679 j'ay esté nommée Emée par noble homme Benoist de CHAMBREY conseiller du Roi, trésorier de l'entraordre des guerres et par Damoiselle Emée ROUVALLE.
Signée de la marque des Fondeurs : JACQUET & PIERRE1679 = époque de Louis XIV
L'épitaphe
L'épitaphe au-dessus de la porte de la sacristie porte l'inscription suivante sous le dessin sculpté :
[blasons et feuillages]
DE LANCELOT DE LA TAILLE ESCVER
PVISNE DE LA MAISON DE DOSSINVILLEArrefte icy Paffant & lamente ce Mort
Encor fanglant de coups, a qui trop de courage
A fait perdre la uie en la fleur de fon age
Lors qu'en France la Ligue allumait le Difcord
Quelques Ligueurs fuyants il let pourfuit fi fort
Fait fon debuoir contre eux en ùe charge
Que lusqu'en leur faux bourg valeureux il f'engage
Où fut de ces uillains maffacre a grand tort
O quel malheur nous uient d'une guerr'ciule
Si bien que fans fecours proye il fut d'une ville
Et dechire de couos fut apporte icy
Mais mourant pour son Roy enfi iufte querelle
Mourant pour fon Pays peut, ô uoir fin plus bel
Heureux qui pour le bie du public meurt ainfy1591
[blasons et feuillages]
DE LANCELOT DE LA TAILLE ECUYER
PUISNE DE LA MAISON DE DOSSINVILLEArrête ici, Passant et lamente ce Mort
Encore sanglant de coups, à qui trop de courage
A fait perdre la vie en la fleur de son âge.
Lorsqu'en France, la Ligue allumait le Discord,
Quelques Ligueurs fuyant, il les poursuit si fort,
Si bien fait son devoir contre eux, en une charge,
Que jusqu'en leur faubourg, valeureux il s'engage,
Où fut de ces villains, massacré à grand tort.
Oh, quel malheur nous vient d'une guerre civile !
Si bien que sans secours, proie il fut d'une ville
Et déchiré de coups, il fut apporté ici.
Mais mourant pour son Roi, en si juste querelle
Mourant pour son Pays, peut-on voir fin plus belle
Heureux qui, pour le bien du public, meurt ainsi.1591
Les quatre dalles funéraires
1 - Celle de Geffroy de la CHAPELLE (plus haute que les trois autres) la première à droite en entrant dans l'église, classée monument historique le 5 décembre 1908. Entourage fin comportant un texte où l'on peut lire le nom de Gefroiz de la CHAPELLE ; de même (angle supérieur gauche) lire qu'il trépassa en 1279. L'on peut lire également :"Priez pour..." (en haut) et "Size" (en bas). Au centre, personnage en armure, dans une ogive travaillée. Bras et mains en position de prière. En haut à gauche, aile et auréole d'un ange. En bas les pieds sont protégés (protections pointues de l'armure) et posés sur un chien allongé (tête gauche, queue courbe lovée).
Le 17 juillet 1933, l'Administration des Beaux-Arts faisait relever et dresser contre la muraille, la pierre tombale ce ce chevalier qui se trouvait depuis 654 ans, au milieu de la nef., entre l'autel de la Sainte-Vierge et la chaire.
D'après l'Architecte départemental des Beaux-Arts, l'église de Dossainville de style roman date au moins du 12e siècle.
2- La seconde à droite - Bande de contour assez large avec inscriptions diverses, dont (à droite) "dame" et "Roi" (dans le bas). Malheureusement, nom illisible. Voile sur la tête. Mains jointes en position de prière. Drapé à plis d'une robe longue, et d'une cape avec de lourds motifs en lisière, vers le bas (sur la gauche de la dalle).
Même ogive, même système de lecture de la bande / contour pour ces deux dalles (celle de G. de la Chapelle et celle de la dame... qui était peut-être sa Dame.
3 - Première dalle, à gauche en entrant dans l'église. Il s'agit de la dalle de Lancelot de LA TAILLE. Bande d'entourage la plus large des quatre. Elle est garnie de volutes de fins feuillages. Personnage effacé au cours des siècles. On distingue néanmoins la tête nue et les cheveux frisés, l'armure et la silhouette. Dans le bas de la dalle, un grand rectangle avec un texte partiellement lisible, dont les mots suivants : "... de la cruauté..." se rapportant probablement au récit de l'Épitaphe (voir plus haut).
4 - A gauche, la 2nd en entrant, dalle BARVILLE - BLAIRE. En haut (1er tiers de la dalle) blason comportant 5 fleurs de lys et un lion et à droite, contre le blason, un aigle. Puis un losange rayé de 6 lignes horizontales et entouré des entrelacs d'un cordon noué à la base.
Bande de contour de la dalle lisse et sans texte. Reconstitution partielle du long texte lisible :
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"Ci gist messire Gille de
BARVILLE de son vivant Chevaliez Seigneur de DOSSINVILLE, FOLLEVILLE, MONVILLE
d'OINVILLE des fiefz de BONDAROY ~ ...BOSSY qui décéda le
7ème juin ~...2
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La chaire sculptée
Classée monument historique le 25 octobre 1932. Elle fait partie d'un ensemble du XVIIe siècle et représente les armes des LA TAILLE (chaire protestante).
Le coq
Sous ses pattes, à trente mètres du sol, le clocher de l'église lui sert de perchoir depuis juillet 1982, date de la réfection du clocher. L'ancien coq avait été placé en 1862 ; il fut frappé par la foudre en 1940. Presque décapité, les élus locaux de l'époque ne se décidèrent à lui refaire une santé qu'en 1949.
Les curés de Dossainville
1645 - ?
DUJARDIN (ou DUIARDIN) Emas ou Emar
curé de Dossainville
avant et après 1645 : aucune trace
...
.
1683 - 1703
TARDIFF Georges
curé de Dossainville
1709 - 1720
GILLET Jean-Baptiste
curé de Dossainville
1720 - 1730
ARNAUD Joseph
curé de Dossainville
1730 - 1732
BIENVENU
curé de Dossainville
1732 - 1751
COLAS ou EOLAS
curé de Dossainville
1751 - 1755
GUéNé ou GéNéE
curé de Dossainville
1755 - 1762
GILBON Jacques
curé de Dossainville
1763 - 1781
ARCHAMBAULT Charles
curé de Dossainville
1781
VARAN de la MARE Pierre-Hyacinthe
curé de Dossainville
1781 - 1792
JOURDAN (curé constitutionnel)
curé de Dossainville
1792 - 1802
Prêtres assermentés non reconnus par l'Eglise, Prêtres insermentés arrêtés ou émigrés :rien trouvé sur Dossainville
1802 - 1804
MALIVOIRE ou MALIVOR Pierre-Antoine
curé de Césarville
1804 - 1811
USORDIER ou BORDIER Jean-André
curé de Césarville
1811 - 1818
DUFFAY Jean
curé de Césarville
1818 - 1825
WALLON ou VALLON Jean-Baptiste
curé de Césarville
1825
TRéZIN Pierre Patrice
curé d'Engenville
1825 - 1826
GOGIN Louis-Auguste
curé de Césarville
1826 - 1830
MOULIéRA Baptiste-Louis
curé de Césarville
1830 - 1852
HULOT Vrain Gabriel Anselme
curé de Césarville
1853 - 1857
MERCIER Prosper-François
curé de Césarville
1857
DESFORGES Jules Alphonse Félix
curé de Césarville
1857 - 1866
THOINARD Constantin
curé de Césarville
1866 - 1877
VAUTHIER Nicolas
curé de Césarville
1877 - 1879
LéGER Emmanuel
curé de Césarville
1879 - 1881
BRéCY Eugène
curé de Césarville
1881 - 1898
FORTIN Auguste
curé d'Engenville
1898 - 1919
PAYEN Alfred
curé d'Engenville
1919 - 1920
GILBERT Jules et BOURGEON désservant
curé de Mainvilliers
1920 - 1950
CHATELAIN Paul
curé d'Engenville
1951 - 1958
RICHAUD Jacques
curé d'Engenville
1958 - 1960
PERNOT Pierre
curé de Mainvilliers
1960 - 1965
HY Pierre
curé d'Engenville
1965 - 1986
1962 - 1986
RICHAUD François
MEUILLET Roger (en assisance du père RICHAUD)
curé de Ramoulu
vicaire épiscopal, prélat de Sa Sainteté, consulteur pontifical...
1986 - 1992
BARRAULT Michel
curé de Ramoulu
1992 - 1995
GROSSIN Philippe
curé de Pithiviers
1995...
MARS Alain
curé de Pithiviers