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Histoire & origine

 

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Tableau chronologique des PERIODES, SOUVERAINS et CHEFS D'ETAT de la FRANCE 
Faits remarquables dans notre région

 

La Beauce était à son origine une région steppique bordée d'une forêt épaisse où vivaient des nomades qui sont devenus sédentaires ; se sont les Celtes (vers 500 av. JC). Le défrichement de la Beauce semble s'être fait à la fois à partir de clairières centrales, à l'intérieur d'une ligne : AUNEAU, VOVES, ARTENAY, PITHIVIERS, ETAMPES et AUNEAU.

Défrichement de la BEAUCE

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Belsa (Beauce)

Division de la Gaule en provinces
Trois peuples celtiques se partagent très inégalement le sol fertile de la Beauce :

Les Carnutes
Les Senones
Les Aulerques et les Cénomans

Les plus beaucerons des trois étaient les Carnutes. Vivant d'agriculture (blé, orge), ils se sont groupés par familles formant des tribus (que l'on pourrait assimiler à nos communes). Chaque tribu a un territoire bien délimité.

Territoire Carnutes
Le territoire des Carnutes et leurs voisins
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60 avant JC
Devant la menace germanique, les gaulois décident de demander le secours des romains.

Senardi ou Senardus (Césarville)
Dosa ou Dal-sind ? (Dossainville)
Folla (Folleville)
Frotmarus ? (Formarville)
Belloou Beloti (Bléville)

Vetus vicus (Viévy)

52 avant JC
Soulèvement des gaulois supportant mal le "joug" des romains. Après la défaite de la Gaule, la noblesse gauloise se ralie à Rome ; la Gaule devient une province romaine.
27 av. JC - Octave (Auguste) recense la population et dresse un cadastre. Dès ce moment, les noms celtiques commencèrent à disparaître pour être remplacés par des noms romains.
Les provinces vaincus doivent payer à Rome d'énormes indemnités de guerre. Les sénateurs et les chevaliers s'enrichissent en exploitant les nouvelles provinces. Ils achètent les petites propriétés des anciens légionnaires. Ainsi se constituent de grands domaines. L'agriculture se transforme, elle se tourne vers des productions qui se vendent bien : le blé et l'orge.

Epoque Franque
Carte des voies romaines - Epoque Mérovingienne
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La richesse de la Gaule venait de sa production agricole, principalement céréalière, d'où la prospérité de la région (le grand marché Carnutes d'Orléans) et des exploitants de la Beauce.
Dès lors, sous la "paix romaine", la Beauce devient le grenier de l'empire romain. Sous cette empire, la Beauce était comprise dans :

civitas Carnutum (capitale Autricum : Chartres)
civitas Aurelianorum (capitale Cenabum : Orléans)
civitas Cenomanorum (capitale Vindinum : Le Mans)
civitas Senonum (capitale Agedincum : Sens)

Ces civitas servirent de cadre aux dioscèses de Chartes, Orléans Le Mans et Sens, tels qu'ils subsistèrent jusqu'à la Révolution.
A partir de 258, il y eu de nombreuses invasions de barbares Francs ou Saxons venant de la Mer du Nord par voie maritime (la Loire), six siècles avant les vikings. Dès 275, les pillards étaient partout.

Domaine de Dolsaou Dalza (Dossainville)
Domaine de Sénardi ou Sénardus (Césarville)
Domaine de Bello ou Beloti (Bléville)
Domaine de Folla (Folleville)

Vers 312, Rome autorise le culte chrétien dans tout l'empire. Dès lors, les évêques constituèrent les diocèses (Les limites de ces diocèses, calqués sur le découpage administratif romain, sont toujours en vigueur de nos jours).

Au 5e siècle après J-C, début du Moyen-Age
Poussée des Barbares aux frontières de l'empire romain. Les Francs et les Burgondes s'installent en Gaule. Effondrement de l'empire romain.

Beausse (Beauce)
Senardi villa ou Senardus (Césarville-vers 820 et nov. 1103)

Pendant l'époque franque, les domaines dont les noms ont été créés à l'aide de villa (ville) ou de villaris (viliers), ont été établis sur d'anciens domaines gallo-romains ou sur des démembrements de domaines gallo-romains pillés et détruits une première fois lors des invasions de la fin du 3e siècle (en 276 - les Francs). Ces domaines ont été restaurés puis saccagés à nouveau lors de la grande invasion de 406 (les Suèves)
 et 409 (les Vandales).
L'arridité croissante de la région a entrainé un resserrement de l'habitat ; les cours d'eau prennent actuellement leur source plus bas qu'au Moyen-Age : il ne coulait plus la même quantité d'eau.
Sous la monarchie Franque, la région fit partie des pays ou pagi suivants :

pagus Carnotensis ou Carnotenus (le Chartrain)
pagus Aurelianensis (l'Orléanais)
pagus Blesensis (le Blésois)
pagus Vindocinensis (le Vendômois)
pagus Cenomanicus (le Maine)
pagus Dunensis (le Dunois)
pagus Stampensis (l'Etampois)

 

La carte du Diocèse de SENS (Cliché de la B.N.F.)

Carte du diocèse de Sens 1694
Carte topographique partielle du diocèse de Sens divisé
en ses cinq archidiaconés et ses douze doyennés
par Reginald Outhier (abbé) publiée en 1741
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A partir du 10e siècle
Le domaine Royal des Capétiens est essentiellement composé d'un ensemble de biens matériels (châteaux, terres, moulins) et comprenait, sur un grand axe Paris-Orléans, de la Seine à la Loire, voies économiques importantes, des terres fertiles qui connurent un défrichement énergiquement mené et une forte poussée démographique.
L'accumulation du capital foncier par des abbayes urbaines est redistribué à des établissements écclésiastiques. Ces derniers participent à la vie économique et s'enrichissent alors en accroissant leur patrimoine.
Un énorme progrès dès lors s'est fait sentir dans la culture, que l'on peut appeler maintenant l'agriculture grace à des instruments plus efficaces (charrue à soc de fer, faux, herse...), des bêtes mieux utilisées et une augmentation de la population.
Les exploitations se sont fragmentées en petites parcelles. Force est donc de gagner de nouvelles terres aux lisières du village ou plus loin encore.

Dosavilla (Dossainville-15 nov.1157)

Du 12e siècle au  15e siècle, fin du Moyen-Age
Dans le courant du 12e siècle, début du 13e siècle, on assiste au défrichement des régions périphériques, soit des régions où il y a de l'argile à silex, soit des régions où il y a des sables de Fontainebleau.
La conquête souvent difficile de la périphérie du plateau entre 1130 et 1230 s'est faite sous forme de contrats de pariage (ou contrats de co-seigneurie)  : un seigneur laïc qui a des terres s'adresse à une abbaye urbaine à laquelle il demande de partager des terres. Elle en recevra la moitié, il gardera l'autre ; l'abbaye se chargeant de la mise en valeur du sol.

Biausse (Beauce)
Vetus vicus (Viévy-1234)
Dauxeinvilla (1350)
Dauceinvilla (1369)
Serarville ? (Césarville)

C'est donc l'abbaye qui fournissait les capitaux. Du fait de la destruction des forêts environnantes, les clairières ont fini par se toucher et le paysage des campagnes s'est modifié. Les champs sont généralement ouverts et de forme allongée. C'est le paysage de l'"openfield".
La Beauce est mise en valeur au milieu du 12e siècle ; dès lors elle est entièrement cultivée.
 

Enluminure "les travaux des champs" d'après les Petites heures du Duc de Berry - XVe.

Les vendanges - enluminure

Enluminure "les Vendanges" XIIe.

Transformation de la société rurale
Les produits de la campagne entrent plus largement dans le circuit des échanges ce qui entraine une hausse régulière des prix de la terre.
Les paysans et les nobles ont des besoins nouveaux qu'ils ne peuvent satisfaire qu'à prix d'argent (la pénétration de la monnaie en milieu rural a entrainé une modification des rapports économiques entre les différentes catégories sociales qui vivent de la terre ; mais aussi une transformation des conditions sociales).

Transformation de l'économie domaniale
Le comportement économique des seigneurs est dominé par le souci de gagner plus afin de pouvoir satisfaire leurs besoins. Le seigneurs souhaitent obtenir de leurs tenanciers des deniers plus que du travail ou des denrées agricoles
    - les paysans sont séduits à l'idée de conserver des surplus qu'ils pourront porter au  marché ;
    - les seigneurs sont ravis de recevoir des espèces sonnantes ;
mais cette commutation devient illusoire à cause des prix qui ne cessent d'augmenter ; la rente reste stable ---> taux de loyer dérisoire.
Pour compenser la dépréciation du loyer de la terre, les seigneurs acceptent (vers le 13e siècle) que les tenanciers fractionnent leur tenure pour en vendre ou en léguer un fragment.
C'est une occasion pour les seigneurs de perçevoir une taxe de mutation en argent (taxe fiscale prélevée à l'occasion de tout transfert de propriété).
Le goût des seigneurs étant toujours grandissant, ils tirèrent parti de tout : ils vendent à la communauté paysanne, pour une importante somme d'argent, une charte de liberté.
Ensuite, se sont les paysans eux-même qui répartissent les terres entre les foyers. Ces paysans s'enrichissent et deviennent ministériaux, fermiers de domaines écclésiastiques.
La guerre en Europe et les Croisades, les châteaux-forts que l'on doit construire en pierre, les revenus de la terre augmentent moins que les dépenses - tout celà coûte cher, très cher. Les seigneurs sont obligés de donner des morceaux de leur patrimoine. Ces terres nobles et les droits qui y sont attachés passent ainsi à des paysans enrichis ou à des capitalistes bourgeois.

Beauce

d'Aussainville (1408)

Viavi (Viévy-3 mai 1481)
Dossinville (1591)

Folleville (1630)

Ossainville et Aussinville (1630)

 

La Beauce médiévale était une région relativement déshérité par rapport à la zone des vallées qui attirait beaucoup plus de population grâce à l'eau, les bois et l'herbe. Le peuplement ne diffère pas tellement d'une paroisse à l'autre, celà tient aux conditions naturelles sensiblement identiques sur le plateau. Mais si la population de la Beauce n'a pas été importante au Moyen-Age, c'est surtout parcequ'elle était susceptible de produire, pas tellement susceptible de faire vivre.
La structure agraire (d'après le "polyptique de Notre-Dame", 1300) :
Les exploitations sont plus petites en Beauce que celles que l'on trouve à la même époque dans la plaine de France, dans le Valois où même en Flandre (grandes exploitations allant jusqu'à 200 Ha. dans les granges cisterciennes de la plaine de Flandre).
D'après les 900 parcelles recensées par le document, la parcelle moyenne fait env.
3 Ha.. Elles s'organisent en trois groupes :

457 petites parcelles qui couvrent entre 1/4 et 4 setiers, soit 12 ares à 2 hectares.
171 parcelles moyennes entre 5 et 12 setiers, soit  3 à 6 hectares.
74 grandes parcelles dont 23 supérieures ou égales à 30 setiers, soit 15 hectares.

16e - 19e siècle
La société beauceronne a subit d'énormes mutations entre le 16e et le 17e siècle, les rassembleurs de terres, formés des notables (notabilité paysanne), ont provoqués une transformation de la physionomie des terroirs.
De plus, la région s'est enrichie grâce à la route Paris-Orléans ; c'est alors qu'elle est devenue le célèbre grenier de la capitale.

Carte de Cassini
Carte de la région établie par les Cassini (18e siècle)
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>>> Légende de la carte
La carte du Royaume, commandée par Louis XV à CASSINI de THURY fait apparaître les villages par leur taille et leur influence religieuse.

Cezarville (carte Cassini)
Dofsainville (carte Cassini)
Bleville (carte Cassini)
Folleville (carte Cassini)
Fromarville (carte Cassini)
Viévy (carte Cassini)

19e siècle
Structure agraire
On trouve surtout à cette époque de grandes fermes dont la propriété concentrée appartient souvent à des citadins. La noblesse détient 1/5 du sol beauceron.
Les structures foncières se modifient peu au cours de la première moitié du 19e siècle. Socialement, la répartition de la terre est très inégalitaire :

1/3 du sol ----> bourgeoisie citadine
1/5 du sol ----> noblesse citadine
1/6 du sol ----> bourgeoisie rurale beauceronne : fermiers, marchands, propriétaires
le reste -------> salariés, artisans, commerçants

Progrès agricoles de la 1ère moitié du 19e siècle
Augmentation des céréales (froment, orge)
Augmentation de l'élevage (remplacement de la race des ovins)

Techniques agricoles
Assolement triennal (jachère : culture de prairies artificielles)
Remplacement de la faucille par la faux.

Action de l'administration
Développement des Comices agricoles.
Les fermiers beaucerons produisent avant tout pour vendre avec le meilleur profit et deviennent alors des entrepreneurs de culture. L'agriculture orientée vers le marché, devient de type capitaliste.
Le grand propriétaire se contente de vivre de la rente foncière ; il est étranger à la Beauce.
Evolution des revenus des différentes catégories sociales. la fortune est transmise aux héritiers.
Mais il reste néanmoins le maintient d'une inégalité profonde dans la répartition de la fortune rurale.

20e siècle
Dans cette région la taille des exploitations varie entre 45 et 300 hectares ; mais la moyenne est de 60 hectares. Dans un village beauceron typique il y a une ou deux fermes de 110 à 160 hectares et une dizaine de fermes de 40 à 100 hectares.
Les héritages, de siècle en siècle, avaient fait de cette région un morcellement de pièces de terre de petite taille, c'est pourquoi un remembrement à été effectué en 1953 ; mais il n'est déjà plus à la dimension de l'agriculture et il sera refait dans les années qui suivront.

Césarville-Dossainville (fusion des deux communes le 26 juin 1977)