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L'épi d'or - Henri IV

 

L'épi d'or, histoire ou légende ? De nombreux villages de la région de Malesherbes revendiquent ce geste royal ...mais il s'agit biensûr de notre hameau Bléville, commune de Césarville-Dossainville !

 

Transcription de l'extrait n° 1  GAZETTE D’AGRICULTURE, COMMERCE, ARTS ET FINANCES.
ANNÉE 1778 du mardi 21 avril.

DE FONTAINEBLEAU,
le 12 Avril.

    Lettre au Rédacteur de la Gazette. Touf ce qui peut nous rappeler la mémoire de notre Roi Henri IV. ne peut être recueilli trop précieufement. C’eft pourquoi, je me fais un devoir, Mr , de configner dans vos Feuilles une petite anecdote dont notre Ville a été, pour ainfi dire le théâtre, & que peu de perfonnes fçavent, quoiqu’elle foit bien propre à caracterifer ce bon Prince.
    Un jour Henri IV. Traverfant la gallerie du Château de Fontainebleau, vit un Laboureur nommé
de la Foy, qui appuyé  fur une croifée, regardoit attentivement dans le jardin de l’Orangerie. Le Roi, lui frappant fur l’épaule, lui dit ; mon ami, que consideres-tu là ? – Sire, c’eft votre jardin :  il eft certainement très-beau, mais j’en ai un qui vaux mieux encore. – Et où eft ton jardin ? – Près de Malesherbes. – Je ne ferois pas fâché de le voir ». En effet, Henri alla quelques jours après à Malesherbes pour y rendre vifite à la Belle d’Entragues à qui cette Terre appartenoit alors. Il fe fit conduire à la Ferme de la Foy & lui demanda à voir fon jardin. Notre bon Laboureur le mena dans une vafte piece de bled qui étoit de la plus grande beauté : Ventre – fein – gris, lui dit le Roi, tu avois raifon, ton jardin eft plus beau & meilleur que le mien. Le bon Prince, pour lui témoigner fa fatisfaction, & pour honorer en fa perfonne le plus ancien & le premier de tous les Arts, lui accorda le privilege de porter un épi d’or attaché à fon chapeau. Il exifte encore plufieurs defcendans de ce digne Laboureur dans divers cantons du Gâtinois & dans la Beauce, où ils exercent avec honneur la profeffion de leur ancêtre.
 

 

Transcription de l'etrait n° 2  Article provenant de la Bibliothèque de Pithiviers (sans date)

 Légende du fermier Delafoy à Bléville

LE FERMIER DELAFOY
   Une tradition conservée à Malesherbes et à Puiseaux, parmi les cultivateurs et les fermiers, atteste jusqu'à quel point Henri IV avait su se faire aimer de ses sujets et se rendre populaire. Comme on sait, il ne s'offensait point de la hardiesse des réparties. Un jour qu'il montrait à sa suite les jardins du château de Fontainebleau, qu'il avait fait dessiner et planter avec le plus grand soin, et dont il vantait la beauté, un fermier des environs, nommé Delafoy, se permit de dire assez haut pour que le roi l'entendit, qu'il pourrait lui en montrer de plus beaux.
   Le roi, sur le champ, lui demande où ils sont et lui dit qu'il veut les voir. Sans se déconcerter le fermier indique la ferme de
Bléville, commune de Césarville, entre Malesherbes et Puiseaux. Le roi fixe le jour de sa visite et ne manque pas au rendez-vous. Arrivé à la ferme, il demande à Delafoy où sont ces jardins qui peuvent rivaliser avec ceux de Fontainebleau. Le fermier conduit le roi au milieu d'une pièce de 120 arpents, toute couverte d'épis annonçant une magnifique moisson : "Sire, voici mes jardins", dit-il, avec une respectueuse assurance. Henri IV reconnut aussitôt que Delafoy avait raison et qu'en effet, ses champs étaient plus beaux que les jardins de Fontainebleau.
   La tradition ajoute, selon M. Dumesnil, dans une notice sur la ville de Puiseaux, que le monarque voulut donner un témoignage de sa satisfaction au fermier, et qu'il lui envoya
un épi d'or pour honorer son activité et son savoir faire, lesquels, au sortir des guerres civiles, avaient su rendre productives des terres jusqu'alors incultes et abandonnées.
   Par son travail intelligent Delafoy avait devancé de quelques siècles ces pionniers actuels de la terre, dont nous voyons avec plaisir l'Etat relever, honorer, encourager la profession. L'ordre du Mérite agricole s'imposait pour eux : mais comme l'épi d'or symbolise bien l'action du cultivateur
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Au château de Malesherbes Henri IV signa le 1er octobre 1599 une promesse par laquelle il s'engageait à épouser la belle Henriette, arrière petite fille du seigneur de Malesherbes : Charles-François de Balzac d'Entragues, époux de Marie Touchet (ancienne maîtresse du roi Charles IX). Henriette de Balzac d'Entragues deviendra la favorite du roi Henri IV.

Nos recherches généalogiques ont permises de retrouver le fermier honoré de ce geste royal : Etienne DELAFOY, receveur de Bléville, né le 16 octobre 1583 à Sermaises, décédé en 1629 à Césarville ou Bléville ? Il s'est marié en 1608 avec Marie DUCHON.

Il a eu 7 enfants, dont Germain qui sera receveur de Formarville ; Etienne deviendra lui aussi receveur de Bléville et Louis receveur d'Audeville ?

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